Critiquer une source historique, ce n’est pas dire qu’elle est vraie ou fausse en bloc. Il faut d’abord demander qui l’a produite, quand, pour quel public et dans quelle situation. Une lettre privée, un discours officiel et un registre administratif ne racontent pas le même type de vérité.
Imaginez un journal qui décrit une grève. Il peut donner des détails précieux sur les événements, mais il défend aussi la ligne de son rédacteur et ne voit pas forcément ce qui se passe dans la rue. On examine donc les mots employés, les silences, les chiffres et les intérêts en jeu. Une source partiale n’est pas inutile : sa partialité fait partie de ce qu’elle nous apprend.
Il faut enfin vérifier ce que le document permet réellement d’affirmer. Une affiche montre qu’un message a été diffusé, pas que tout le monde y croyait. Une statistique indique une façon de compter, pas toute l’expérience vécue. Lire une source avec esprit critique, c’est respecter ses informations sans lui faire dire davantage.
À retenir
Critiquer une source consiste à comprendre son origine, son but, ses silences et ses limites avant d’utiliser ce qu’elle apporte.