Réponse historique

Comment éviter que les humanités classiques reproduisent un canon élitiste ou eurocentré ?

Niveau de consensus : Établi

Comprendre que le « classique » est un choix

Une liste d’œuvres n’est jamais tombée du ciel. Des écoles, des bibliothèques, des éditeurs et des chercheurs ont contribué à faire connaître certains auteurs plutôt que d’autres. Demander qui est lu, qui a été oublié et dans quelles langues les textes ont circulé aide les élèves à voir comment se construit un canon. Les humanités peuvent alors s’ouvrir à de nombreux domaines au lieu de se limiter à quelques noms consacrés. [1] [4]

Faire entendre davantage de voix

Les cours peuvent étudier des femmes, des personnes réduites en esclavage, des étrangers, des groupes dominés et des auteurs liés à des régions en contact avec les mondes grec et romain. Ils peuvent aussi examiner la manière dont ces textes ont été reçus dans des sociétés arabes, africaines, asiatiques ou américaines. L’objectif n’est pas de remplacer une liste par une autre, mais d’élargir les questions posées et les parcours étudiés. [1] [3]

Un exemple : après avoir étudié un texte ancien, une classe peut comparer sa traduction dans plusieurs langues et rechercher comment il a été commenté à des périodes différentes. Le texte reste au centre, mais son histoire ne se réduit plus au seul regard d’un manuel scolaire.

S’appuyer sur les langues déjà présentes dans la classe

Une classe plurilingue peut comparer des mots, des traductions et des récits dans les langues connues des élèves. Personne n’est obligé de représenter une culture entière, mais chacun peut mobiliser son répertoire comme une ressource. Les langues familiales, régionales, étrangères, scolaires et classiques peuvent dialoguer au lieu d’être placées dans une hiérarchie rigide. [2] [3]

Garder l’exigence de preuve

Inclure de nouvelles voix ne signifie pas empiler des noms pour donner une impression d’ouverture. Chaque texte doit répondre à une question, être contextualisé et discuté à partir de preuves. Les élèves peuvent analyser une domination, une solidarité ou une contradiction, puis comparer les interprétations. L’ouverture devient ainsi un travail critique, pas un simple décor. [1] [2]

Sources

  1. UNESCO, Humanities education — UNESCO Thesaurus ↩ ↩ ↩ ↩
  2. Conseil de l’Europe, Plurilingual and intercultural education ↩ ↩ ↩
  3. Conseil de l’Europe, Tools for curricula — CEFR ↩ ↩ ↩
  4. UNESCO Courier, The poet at the heart of society ↩