Tirer les leçons des années 1930
Après la crise économique des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, les gouvernements veulent éviter une nouvelle spirale de fermeture des marchés. Lorsqu’un État augmente ses barrières pour protéger ses producteurs, ses partenaires peuvent répondre de la même façon. Les échanges diminuent et la méfiance s’installe. Le projet d’après-guerre consiste donc à rendre les relations commerciales plus prévisibles et à faire de la négociation un moyen de réduire les tensions, sans promettre la disparition des intérêts nationaux. [1]
Trouver un compromis entre ouverture et souveraineté
Les États ne souhaitent pas abandonner toute possibilité de protéger leur économie. Ils cherchent plutôt à négocier des réductions de droits de douane, à appliquer des principes de non-discrimination et à conserver certaines exceptions. Le système repose sur des concessions réciproques : un pays ouvre davantage son marché, mais attend un effort comparable de ses partenaires. L’ouverture commerciale devient ainsi un compromis encadré, et non une règle d’ouverture absolue. [1] [2]
Un accord provisoire signé en 1947
Le GATT est signé le 30 octobre 1947 par vingt-trois pays et entre en vigueur le 1er janvier 1948. Il devait accompagner une Organisation internationale du commerce plus ambitieuse, qui n’aboutit pas. L’accord reste donc provisoire sur le papier, mais il fournit pendant près d’un demi-siècle les règles d’une grande partie des échanges de marchandises. Cet épisode montre qu’un dispositif peut durer parce qu’il répond à un besoin concret, même s’il n’est pas l’institution complète imaginée au départ. [1] [2]
Un cadre qui doit évoluer
Le GATT concerne surtout les marchandises et ses procédures sont moins structurées que celles mises en place ensuite par l’OMC. À mesure que les économies se diversifient, les négociations portent aussi sur les services, la propriété intellectuelle et des mesures qui ne sont pas de simples droits de douane. La création de l’OMC en 1995 élargit et organise davantage le cadre, tout en conservant le GATT dans cette nouvelle architecture. [1] [3]
Une réponse à la méfiance, pas une fin aux conflits
Le GATT a été créé pour remplacer la réaction solitaire par des règles et des négociations communes. Il n’a pas supprimé les désaccords sur les subventions, les protections ou l’accès aux marchés. Sa réussite tient plutôt à la création d’un langage partagé : les gouvernements pouvaient comparer leurs engagements, négocier des concessions et discuter d’un problème dans un cadre connu. [1] [2]