Réponse historique

Que désigne l’expression universités asiatiques ?

Niveau de consensus : Établi

Une région et non un système unique

L’Asie comprend des systèmes d’enseignement très différents, des universités publiques et privées, des institutions religieuses, des écoles professionnelles et des centres de recherche. Les établissements japonais, indiens, chinois, coréens, indonésiens ou d’Asie centrale n’ont ni les mêmes histoires ni les mêmes règles. Les comparer exige de préciser le niveau d’étude, la période et les indicateurs utilisés. [1] [2]

Des traditions anciennes de haut apprentissage

Nalanda, en Inde, est décrite par l’UNESCO comme un centre de haut apprentissage doté de bibliothèques, d’une organisation administrative, d’une sélection des étudiants et de formes de débat. D’autres régions ont développé des académies, des monastères, des madrasas ou des systèmes d’examens. Ces institutions ne sont pas toutes des universités au sens moderne, mais elles montrent la profondeur historique des cultures savantes asiatiques. [3] [4]

Des universités modernes et nationales

À partir du XIXe siècle, les États asiatiques ont créé ou réformé des universités pour former des fonctionnaires, des médecins, des enseignants, des ingénieurs et des chercheurs. Ils ont emprunté des structures étrangères tout en les adaptant aux langues, aux politiques et aux objectifs nationaux. Dans les anciens territoires colonisés, ces réformes ont aussi été liées à la décolonisation et à la construction de nouvelles élites. [1] [2]

Un espace de coopération régionale

Les universités asiatiques coopèrent par des échanges d’étudiants, la reconnaissance des diplômes, les réseaux de recherche et des programmes communs. La convention régionale de l’UNESCO sur la reconnaissance des études en Asie et dans le Pacifique vise précisément à faciliter la mobilité tout en respectant la diversité des systèmes nationaux. L’internationalisation ne supprime donc pas les différences : elle crée des règles pour les rendre compatibles. [2] [5]

Comparer une université de recherche japonaise, un institut professionnel indien et une institution religieuse indonésienne demande des critères précis : leurs missions, leurs publics et leurs histoires ne sont pas identiques. Parler d’« universités asiatiques » n’a de sens qu’en indiquant l’échelle et les différences étudiées.

Sources

  1. UNESCO Institute for Statistics, Higher Education in Asia: Expanding Out, Expanding Up — The Rise of Graduate Education and University Research — Rapport UIS 2014 ; expansion des études supérieures, recherche, politiques et coopération en Asie, avec limites sur les histoires coloniales détaillées. ↩ ↩ ↩
  2. UNESCO, Regional Convention on the Recognition of Studies, Diplomas, and Degrees in Higher Education in Asia and the Pacific ↩ ↩ ↩ ↩
  3. UNESCO World Heritage Centre, Nalanda Mahavihara (University) at Nalanda, Bihar ↩
  4. UNESCO Intangible Cultural Heritage, Global tertiary education networking ↩
  5. UNESCO, Papers on Higher Education ↩