Réponse historique

Quel héritage les universités coloniales ont-elles laissé après les indépendances ?

Niveau de consensus : Établi

Assurer la continuité des États

À l’indépendance, les pays avaient besoin de médecins, d’enseignants, d’ingénieurs et de fonctionnaires. Concrètement, une faculté déjà équipée pouvait continuer à former des soignants dès le lendemain de l’indépendance, alors qu’un établissement entièrement neuf aurait demandé des années de construction et de recrutement. Les universités existantes formaient déjà une partie de ces personnels et fournissaient des bâtiments, des bibliothèques et des procédures. Les conserver ou les agrandir était souvent plus réaliste que créer immédiatement un système entièrement nouveau. [1]

Réformer les programmes et la gouvernance

Les nouveaux gouvernements ont voulu remplacer les programmes centrés sur les besoins impériaux par des formations liées au développement national, à la santé, à l’agriculture, à l’industrie et à la culture. Ils ont également cherché à nommer des enseignants locaux et à créer des organismes régionaux de coopération. Ces transformations ont été freinées par le manque de financements et la dépendance à l’expertise étrangère. [3]

Des inégalités qui persistent

Les écarts de ressources entre établissements et territoires peuvent reproduire la hiérarchie coloniale. La langue d’enseignement, les critères de publication et les classements internationaux favorisent parfois les modèles hérités des anciennes puissances. Les rapports contemporains sur l’enseignement supérieur africain relient explicitement plusieurs difficultés actuelles aux systèmes coloniaux et à leurs curricula. [3] [4]

Décoloniser sans isoler

Décoloniser l’université ne signifie pas renoncer à toute coopération internationale. Il s’agit de construire une autonomie scientifique, de reconnaître les savoirs et les langues locales, de choisir les partenariats et de produire des recherches pertinentes pour les sociétés. Les universités peuvent rester ouvertes au monde tout en cessant de considérer un seul modèle comme la mesure de toute connaissance. [3] [5]

Sources

  1. UNESCO, Reinforcing Higher Education in Africa ↩
  2. UNESCO IIEP, IIEP-UNESCO: History of a pioneering institution
  3. UNESCO IESALC, CHAPTER 1: Brief History of Higher Education in Ghana ↩ ↩ ↩ ↩
  4. UNESCO, General History of Africa ↩ ↩