Réponse historique

Quelle différence existe-t-il entre multilinguisme et plurilinguisme en classe ?

Niveau de consensus : Établi

Deux façons de regarder plusieurs langues

Le multilinguisme désigne généralement la coexistence de plusieurs langues dans un territoire, une école ou une classe. Le plurilinguisme regarde davantage la personne et la manière dont elle mobilise ses ressources linguistiques et culturelles. Un élève peut comprendre une langue mieux qu’il ne l’écrit, parler une variété à la maison et une autre à l’école, puis utiliser des gestes ou des images pour compléter son expression. Il ne possède pas forcément plusieurs langues parfaitement séparées : son répertoire évolue selon les situations. [1]

Faire travailler les ponts entre les langues

Comparer des mots, des sons, des structures ou des façons de raconter peut aider à comprendre une langue nouvelle et à réfléchir sur le langage. Une première prise de notes dans la langue la mieux maîtrisée, une médiation entre élèves ou plusieurs versions d’un message peuvent servir d’appui. Ces pratiques doivent rester guidées : reconnaître les ressources plurilingues ne signifie pas abandonner les objectifs de la langue de scolarisation ou de la langue étudiée. [2] [3]

Un exemple : un élève comprend une consigne en français, note une idée dans une autre langue et utilise ensuite l’anglais pour présenter sa réponse. L’enseignant peut observer ce passage entre les ressources, puis aider à formuler ce qui est attendu dans la langue de la tâche. Le plurilinguisme décrit ce chemin ; le multilinguisme décrit la présence de plusieurs langues dans la classe.

Valoriser sans transformer un enfant en représentant

Un élève plurilingue ne doit pas être obligé de traduire pour tout le monde, de représenter une communauté ou de raconter son histoire familiale. Les activités peuvent proposer des choix et présenter des locuteurs aux parcours variés, y compris des personnes qui apprennent une langue sans y être nées. L’éducation interculturelle cherche la compréhension et la réflexion, pas une étiquette fixe sur l’origine. [3] [4]

Penser les langues comme un ensemble cohérent

Langues familiales, de scolarisation, étrangères, régionales, minoritaires et classiques peuvent être prises en compte dans une politique plurilingue. Horaires, programmes et évaluation gagnent à être pensés ensemble, afin qu’une langue ajoutée ne devienne pas une option isolée ni un obstacle aux autres apprentissages. Cette cohérence permet de valoriser la diversité tout en gardant des objectifs clairs. [2] [4]

Sources

  1. Conseil de l’Europe, Plurilingualism in the classroom ↩ ↩
  2. Conseil de l’Europe, Tools for curricula — plurilingual and intercultural education ↩ ↩ ↩
  3. Conseil de l’Europe, Plurilingual and intercultural education — Language policy ↩ ↩
  4. UNESCO, Languages matter: global guidance on multilingual education ↩ ↩ ↩