Avant 1914 : coordonner sans organisation universelle
Avant les deux guerres mondiales, les États coopéraient déjà dans les échanges, les communications et la monnaie, mais cette coopération restait fragmentée. L’histoire du système commercial présentée par l’OMC rappelle que les routes commerciales et les rapports de force ont longtemps lié politique extérieure et commerce. Du côté monétaire, le FMI situe l’essor de l’étalon-or dans les années 1870 et 1880. Ces arrangements coordonnaient certaines pratiques sans créer une autorité politique universelle. [4] [3]
1919-1945 : la sécurité collective devient une question centrale
Après la Première Guerre mondiale, la Société des Nations a tenté d’institutionnaliser la sécurité collective. L’expérience a montré la difficulté de faire respecter des engagements lorsque les grandes puissances divergent et que les instruments de contrainte sont limités. La Seconde Guerre mondiale a ensuite déplacé le problème : il ne s’agissait plus seulement de créer une enceinte, mais de construire une organisation capable d’articuler paix, droit, coopération économique et droits humains. [2]
1944-1947 : bâtir un ordre multilatéral général et économique
La conférence de Bretton Woods en 1944 a établi un cadre monétaire autour du FMI, tandis que la Charte de 1945 a donné à l’ONU un mandat général. Le GATT de 1947 a ensuite organisé une partie des règles du commerce. Cette période se distingue par la création d’institutions permanentes, par des engagements écrits et par l’idée qu’une coopération régulière pouvait réduire les effets des crises et des rivalités économiques. [1] [3] [4]
Depuis les années 1970 : adapter les institutions et multiplier les domaines
La fin de la convertibilité du dollar en or en 1971 et la reconnaissance par le FMI de régimes de change plus flexibles en 1978 montrent que les institutions ont dû adapter leurs règles à un environnement nouveau. Dans le commerce, l’OMC a remplacé le GATT en 1995 et a étendu la coopération aux services, à la propriété intellectuelle et à un règlement des différends plus structuré. Parallèlement, les agences spécialisées ont consolidé des formes de gouvernance sectorielle, notamment dans la santé avec la Constitution de l’OMS. [3] [4] [5]
Un exemple permet de voir la différence : l’étalon-or et les accords commerciaux pouvaient faciliter certains échanges entre États, mais ils ne formaient pas un gouvernement capable de décider pour tous. La coopération existait déjà ; elle restait sectorielle, négociée et dépendante de la volonté des États.