Une sélection scolaire et sociale
L’accès au supérieur supposait souvent d’avoir fréquenté une école secondaire rare et de maîtriser la langue de l’administration. Les familles capables de financer un logement, des livres ou un voyage étaient favorisées. Les quotas, les examens et les distinctions entre populations pouvaient limiter davantage la présence des étudiants colonisés, même lorsqu’une institution recrutait officiellement sur dossier. [1] [2]
Des professions prioritaires
Les programmes formaient des personnes capables d’occuper des fonctions intermédiaires : enseignants, clercs, médecins, juristes, techniciens et cadres religieux. Les établissements répondaient aux besoins de l’administration, des missions et des entreprises. La formation scientifique ou juridique pouvait être solide, mais elle était souvent orientée par les limites de carrière imposées aux diplômés colonisés. [2] [3]
L’exemple de Fourah Bay College
Fourah Bay College, en Sierra Leone, est présenté par l’UNESCO comme un centre majeur de formation supérieure en Afrique de l’Ouest anglophone. Il a produit des membres du clergé, des enseignants et des agents du service colonial, tout en formant des personnes qui ont participé au développement d’institutions scolaires et politiques dans la région. Son histoire montre que la formation d’une élite ne se résume pas à l’obéissance au pouvoir colonial. [3] [4]
Une élite ambivalente
Les diplômés pouvaient bénéficier d’une promotion et d’un statut, mais aussi constater les contradictions entre les principes appris et les discriminations vécues. Certains ont demandé l’égalité dans l’empire, d’autres ont défendu l’autonomie ou l’indépendance. Les universités ont ainsi contribué à produire des intermédiaires du pouvoir et des critiques capables de mobiliser ses propres langages. [1] [5]
Un élève qui parle une langue à la maison et la langue coloniale à l’école doit parfois apprendre le contenu et le code scolaire en même temps. Cette barrière peut réduire l’accès aux études avant même que ses capacités soient évaluées.